lundi 2 novembre 2015

travail 3 novembre

Au choix:

1- Réécrire le texte du Fantôme, sans erreur.

2- Faire les exercices sur les PP en prévision de vendredi.

3=- Écrire ton texte, ou celui d'un ami.

4- Évidemment!  Faire ta recherche pour la joute oratoire, c'est-à-dire des arguments en incluant les sources.  Tu devras faire des fiches de présentation, car une feuille mobile n'est pas un outil pertinent. Tu peux écrire directement sur des fiches.

voici un modèle suggéré, mais tu peux en créer un de ton choix:

Nom                                           aspect ou introd...
groupe                                                 numéro


  • infos
  • faits
  • sources
  • N'écris surtout pas de texte suivi, mais des mots clés et des informations.
  • Prévois des contre-arguments.

mercredi 23 septembre 2015

travail cinquième secondaire Monde


Activité conjointe Monde et français

 

Dans le cadre du cours de Monde contemporain, vous devez vous informer sur les élections à venir. Pour qui voteriez-vous?  Puisque certains iront voter et que les autres voteront sous peu, il est essentiel que vous soyez au fait de ce que nous offrent les partis. 

 

Étape 1

 
Rendez-vous sur le site de la boussole électorale https://boussole.radio-canada.ca/  Déterminez quel parti vous représente le mieux.  Ne le dites pas à vos collègues, car nous aurons cette discussion en classe.

 
Étape 2

 
Allez lire sur ce parti afin de répondre aux questions plus bas.   Le but de votre lecture est de participer à un débat où vous défendrez votre parti  et ensuite d’écrire un texte de 400 mots où vous inclurez vos preuves.  Vous pouvez trouver les informations sur le site de Radio-Canada, ou si vous cherchez les plateformes électorales.   Le texte sera évalué.  Copiez les questions suivantes dans une page Word, n’oubliez pas de la sauvegarder. 

 
Nom du parti :

Nom du chef de parti :

Nom de votre député local :

 
 
 
 
 
 
 
Quelles sont les promesses électorales de votre parti….  Vous n’êtes pas obligés de tout chercher.  Vous pouvez vous concentrer sur un « Ministère ».
 


Quelles sont les promesses électorales de votre parti?    
…sur l’économie (que propose-t-il? Quels bons coups a-t-il déjà faits? Quelles offres sont alléchantes pour les jeunes?)

… sur l’éducation (vos politiciens souhaitent-ils changer des choses ou garder le statut quo? Que pensent-ils des garderies? Des frais de scolarité?).

… sur l’environnement? (doit-on investir ou laisser faire?)

… sur l’accueil des immigrants (réfugiés syriens et autres provenances) ?

… sur la morale (l’avortement, le droit des gais, la religion..)?

… sur les autochtones?

… sur les transports (autos vertes, ponts) ?

… sur notre région (Montérégie ou Québec)?
... sur les accords avec les autres pays? (surtout les États-Unis)

… ou tout autre sujet pertinent.

 

Étape 3

 

En devoir, vous devrez préparer des fiches cartonnées avec vos arguments.  En classe, nous écrirons ensuite un texte sur le sujet.

 

mardi 8 septembre 2015

travail sur Ho du mardi 8

Bonjour!

Votre tâche est de répondre à cette question sous la forme d'un plan. Tu peux regarder à la page 25 de ton manuel ou dans ton cahier.


À la page 59, de Hò, il écrit: "Si nos ennemis voulaient nous envahir, ils n'avaient qu'à bien se tenir." . 

Selon toi, est-ce que Hò a raison? Sont-ils menaçants?

Je souhaite une phrase de sujet amené, une autre pour le sujet posé.
Deux ou trois raisons, résumées sous forme d'aspects.
Une phrase pour la fermeture et une autre pour l'ouverture.

Quand tu as complété, tu me l'envoies par courriel à chantal.gratton@csmv.qc.ca et tu fais le prochain travail est qui est une chasse au trésor sur Internet.

Deuxième secondaire: ici!

1- En quelle année remonte la dernière éruption du Vésuve?

2- Quelle est la langue officielle du Congo? :

3- Qui est Yves Boisvert? 

4- Combien de membres participent au site Avaaz?

5- Comment pouvez-vous obtenir la traduction d'un mot sur Google?

6- Dans quelles langues le site de l'ONU est-il disponible?

7- Trouvez un dictionnaire gratuit en français et cherchez la définition de "Affluence".

8- Quelle est l'adresse internet exacte de notre école?

9- sur le site de Radio-Canada, qu’est-ce que le
Singa ?

mercredi 13 mai 2015

Pour vous aider: exercices!

Merci à l'excellent organisme CCDMD qui offre des ressources très pertinentes.


http://www.ccdmd.qc.ca/fr/parcours_guides/

lundi 20 avril 2015

pour votre devoir

Notions de grammaire
Examen de grammaire : questions à l’étude réponses de la page 32
 
Qu’est-ce qu’un GS, un GV, un GCP?
un GS: un groupe sujet
un GV: un groupe verbe
un GCP: un groupe complément de phrase

Lequel est facultatif?
le GCP

Comment puis-je reconnaître le GS, le GV?
Le sujet se trouve en posant les questions qui est-ce qui? ou c'est... qui ?
le GV est composé du verbe et ses compléments

Quelles questions dois-je poser pour obtenir le GCP?
Est-ce que je peux l'enlever et le déplacer dans la phrase?

Quelles sont les deux fonctions que peut avoir l’adjectif? attribut s'il suit le verbe attributif et complément du nom, s'il suit un nom.
Qu’est-ce qu’un verbe attributif? Un parmi les suivants: être, paraître, sembler, demeurer, rester, passer pour, avoir l'avoir...

Comment puis-je déterminer qu’un adjectif est classifiant?  Il donne une catégorie et je ne peux pas le quantifier ( une bande sonore, par exemple. Sonore est un adjectif classifiant, car on ne peut pas dire "très" sonore.)
Comment puis-je déterminer qu’un adjectif est qualifiant?  Il donne une qualité et on peut le quantifier. (On peut dire "très" intelligent, "vraiment" drôle...)

Quelle est la fonction des groupes de mots qui suivent un GV?  En deuxième secondaire, nous avons vu le complément direct, le modificateur, l'indirect et l'attribut. Nous en verrons d'autres plus tard.

Quelle est la fonction des groupes de mots qui peuvent être déplacés et retranchés sans modifier le sens de la phrase?  Le GCP
 
Quelle est la fonction qui répond à la question: qui est-ce qui? Ou C’est… qui?  le groupe sujet (GS)
Comment puis-je reconnaître le C.I.?  Il répond aux questions "à qui, de quoi, pour qui, chez qui..." et il suit le verbe. Par exemple: Il réfléchit à ce problème.
 
Si un groupe complète un pronom, un adjectif ou un adverbe, quelle est sa fonction?  complément du pronom, de l'adjectif ou de l'adverbe.

Si un groupe suit un verbe attributif, quelle est sa fonction?  attribut

Si un adverbe modifie un groupe, quelle est sa fonction? modificateur. Exemple: il ne va pas à l'épicerie.

Quelle est la fonction des verbes?  Tous les verbes sont des prédicats.

Quelles sont les expansions du GN?  Nous avons vu le Gprép (à, de, en, pour, ...), le nom  (par exemple: Chantal, mon enseignante,... ) l'adjectif, le GVparticipe et finalement la subordonnée relative (La policière qui m'a donné une contravention)

Comment se nomme l’expansion qui débute par un de ces mots: de, par, sans, malgré, avec…  un groupe prépositionnel
Comment se nomme la subordonnée qui suit le GN?  la subordonnée relative
 
Qu'est-ce qu'un participe passé? Un temps de verbe qui entre dans cette case: IL A ___________
 
Quelles sont les finales possibles: t, (il a dit, il a fait), é (mangé), s (il a pris), u (il a pu). 
 
Comment l'accorde-t-on avec avoir? Avec le CD s'il est placé avant.
Avec être, un verbe attributif ou s'il est seul, il s'accorde avec le sujet.
 
Nomme un subordonnant: qui, que, quoi, dont, où, afin que, si....
 
Qu'est-ce que la subordination, la coordination, la juxtaposition: un moyen d'unir deux phrases.
Il pense qu'il a raison. (avec un subordonnant, subordination)
Il pense, donc il a raison (coordination)
Il pense: il a raison (juxtaposition)
 
Les subordonnées peuvent être relatives, si elles suivent le nom, complétives, si elles complètent un verbe ou  un adjectif, ou circonstancielle, si elle sont des GCP.
 
Comment différencier une subordonnée circonstancielle d'un GCP? Le GCP n'a pas besoin d'un verbe, tandis que la subordonnée aura un verbe.
ex: Hier = un GCP
Pendant que ma mère me parlait = subordonnée GCP ou circonstancielle
 
la complétive peut compléter un verbe, un adjectif ou un GV infinitif, mais cette dernière n'est pas au programme de deuxième.
 
Si la complétive complète un verbe, elle est CD si elle répond à la question: qui? quoi?
 
Comment forme-t-on des adverbes en partant des adjectifs:
si l'adjectif se termine par -ant: l'adverbe devient -amment
si l'adjectif se termine par ent = emment
si l'adjectif se termine par une voyelle = on ajoute ment
si l'adjectif se termine par une consomme, on le met au féminin, puis on ajoute -ment.
 
Quelles sont les fonctions de l'adverbe: mot interrogatif ou exclamatif, GCP, attribut, modificateur, complément. 
 
 

mercredi 25 mars 2015

Pratique de lecture sur Iberville


Notre pirate québécois : Pierre Le Moyne d’Iberville

Baptisé à Ville-Marie le 20 juillet 1661, Pierre Le Moyne d’Iberville est le troisième des onze garçons et deux filles nés du mariage de Catherine Thierry-Primot et du marchand montréalais Charles Le Moyne de Longueuil. Iberville était assez instruit pour maîtriser une plume alerte et incisive, assez éduqué pour être à l’aise avec le roi et ses ministres et assez rusé pour jouer de cruauté et de générosité. S’il avait été gouverneur de la Nouvelle-France et si la mort ne l’avait pas fauché à l’âge de 45 ans dans l’île de Cuba, l’Amérique du Nord aurait peut-être été française…[1]

Les premières armes

Pierre Le Moyne d’Iberville est né à une époque où il fallait combattre pour survivre en Nouvelle-France. Située à la jonction des voies de communication conduisant vers les Grands Lacs et la baie d’Hudson, l’île de Montréal est, depuis sa fondation en 1642, en butte à la guérilla iroquoise. Ville-Marie est au cœur du commerce des pelleteries et ses marchands y trouvent la prospérité. Parti de rien et anobli en 1668, son père Charles Le Moyne est l’un des pionniers les plus riches et les plus influents de la ville naissante. Associé dans quelques compagnies de traite, il participe, en 1682, à la création de la Compagnie du Nord ou Compagnie française de la Baie d’Hudson.

En 1685, les investissements de la Compagnie du Nord à la baie d’Hudson sont en péril, mais la compagnie obtient l’appui du gouverneur Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville. Elle peut dès lors financer l’expédition de 1686 à la baie d’Hudson à laquelle participent trois des fils de Charles Le Moyne de Longueuil : Pierre Le Moyne d’Iberville, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène et Paul Le Moyne de Maricourt. Cette campagne éclair donne aux Français le contrôle sur trois postes de traite situés au sud de la baie James : Monsoni (Moose Factory), Rupert (Charles) et Quichichouane (Albany).

L’homme de la baie d’Hudson

Pierre Le Moyne d’Iberville a 25 ans lorsque, le 10 août 1686, le chevalier Pierre de Troyes lui confie le commandement des postes qui viennent de tomber. Jouant les flibustiers aux alentours de la rivière Nelson, il s’empare de deux navires anglais. Ces prises lui permettent d’échapper à la famine et d’approvisionner le fort Monsoni. Quand il rentre à Québec par la mer, à la fin d’octobre 1687, le bâtiment qu’il conduit est chargé à ras bord de fourrures et de marchandises anglaises.

Séjournant en France au cours de l’hiver 1687-1688, il réussit à convaincre Versailles de soutenir la Compagnie française de la baie d’Hudson et d’assurer ainsi le renforcement de la position française au nord. Ses arguments portent. Le roi lui confie Le Soleil d’Afrique, le plus moderne et le plus rapide de ses navires. Le 3 août, après un détour par Québec, le navire fend les glaces de la baie d’Hudson.

De là, Iberville demande qu’on lui permette de s’emparer du fort York, ce qui fermerait aux Anglais l’accès à la rivière Nelson et aux territoires du Manitoba actuel. Avec moins de 20 hommes, il arraisonne deux navires, capture près de 80 Anglais et s’assure que le pavillon du roi flotte au-dessus des forts de la baie James. Le 12 septembre 1689, conduisant un vaisseau armé de 24 canons qu’il a chargé de milliers de peaux de castor, il met le cap sur Québec.

Justicier et corsaire

Pour Iberville la présence des Anglais au fort Nelson laisse présager la perte de la Nouvelle-France. Il ébauche un plan simple et peu coûteux pour sauver définitivement la colonie. Trois événements en diffèrent l’exécution. La suspension des hostilités entre la France et l’Angleterre, négociée en 1687, a pris fin au mois de mai 1689. Les répercussions du conflit européen ont frappé la région de Montréal où, le 5 août 1689, des habitants de Lachine ont été attaqués et massacrés. Enfin, le gouverneur Frontenac organise une riposte à laquelle Iberville participe avec enthousiasme. Le 18 février 1690, l’attaque de Corlaer (Schenectady, New York) se solde par le pillage, l’incendie et le massacre d’une soixantaine de ses habitants.

L’année suivante, on lui confie la patrouille de l’Atlantique, du Maine à Terre-Neuve. Le 15 août 1696, il nourrit sa légende en s’emparant du fort William Henry à Pemaquid, sur la côte du Maine. Rapide, il se dirige ensuite vers Terre-Neuve. Là, avec moins de 200 hommes, il prend le fort Saint-Jean avant d’assujettir Terre-Neuve à coup d’expéditions meurtrières. Il ne savoure pas longtemps sa victoire puisqu’il reçoit l’ordre de filer vers la baie d’Hudson où les forts ont été repris. Le 5 septembre 1697, Le Pélican, en tête d’un convoi qui compte quatre navires, subit une attaque en règle. Iberville coule un premier navire, s’empare d’un autre et met le troisième en déroute.

Quand les renforts arrivent, la bataille est déjà finie !

Vers la Louisiane

Contraint de porter son regard vers d’autres horizons, mais toujours hanté par le désir de donner l’Amérique du Nord à la France, Iberville plaide en faveur de l’établissement d’une colonie française à l’embouchure du Mississippi : « Si la France ne se saisit pas de cette partie de l’Amérique qui est la plus belle, pour avoir une colonie [...] la colonie anglaise qui devient très considérable s’augmentera de manière que, dans moins de cent années, elle sera assez forte pour se saisir de toute l’Amérique et en chasser toutes les autres nations. » Son plan : étrangler les colonies de la Nouvelle-Angleterre entre le Canada au nord, le golfe du Mexique et la Louisiane au sud et le fleuve Mississippi à l’ouest.

Le 2 mars 1699, il réussit là où Robert Cavelier de La Salle a échoué : il trouve, par voie de mer, l’embouchure du Mississippi. Trois expéditions successives, en 1699, 1700 et 1701, lui permettent de construire les forts Maurepas (Biloxi), Mississippi et Saint-Louis (Mobile). En 1702, ayant noué des liens de confiance avec les autochtones, le commandant général de la Louisiane s’éloignait de cette colonie pour ne plus y revenir.

La mort du général Dom Pedro Berbila

Au début de l’année 1706, Iberville sème la terreur dans les Antilles anglaises. Il terrorise, pille et neutralise l’île de Nevis, faisant craindre le pire aux établissements de la Nouvelle-Angleterre. Peu après, il fait escale à La Havane où il s’est rendu pour, croit-on, vendre du fer français. Il y meurt à bord du Juste, le 9 juillet 1706, terrassé par une maladie épidémique ou par les fièvres qui le minaient depuis 1701.

Les restes de celui que les registres d’inhumation désignent sous le nom de  « El General Dom Pedro Berbila  » ont été déposés dans l’église de San Cristobal, à La Havane. Il avait 45 ans. L’enquête qui avait débuté peu de temps avant sa mort permit d’établir que sa rage de conquérir avait été dictée en partie par des intérêts financiers personnels.

 

 Ce texte provient de Wikipédia, de la bande audio des Formidables oubliés ainsi que d'autres lectures connexes.

 

Questions :  /35

 

1- Remplis un tableau semblable dans ton cahier.   /6

Année :
Ce qu’il a fait
1686
 
1688
 
1690
 
Le 5 septembre 1697
 
Le 2 mars 1699
 
1702
 

 

2-  Énumère trois gains qu’il a faits aux mains des Anglais en inscrivant la date.   /6

 

3- Avait-il la confiance du Roi? Oui, non et donne une preuve du texte.  /3

 

4- Iberville aimait-il se battre? Oui, non et donne deux preuves du texte.   /10

 

5- Pierre Lemoyne d’Iberville est-il un héros ou un vulgaire pirate? Donne ton point de vue en l’appuyant sur des extraits du texte. /10

 

Venez me voir pour être corrigés.


 

 




[1] http://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/les-explorateurs/pierre-le-moyne-diberville-1686-1702/

Pratique de lecture deuxième secondaire


Chapitre 3 : ou s’engage une conversation qui pourrait coûter cher à Phileas Fogg [1]

 

Phileas Fogg avait quitté sa maison de Saville-row à onze heures et demie, et, après avoir placé cinq cent soixante-quinze fois son pied droit devant son pied gauche et cinq cent soixante-seize fois son pied gauche devant son pied droit, il arriva au Reform-Club, vaste édifice, élevé dans Pall-Mall, qui n'a pas coûté moins de trois millions à bâtir.



Phileas Fogg se rendit aussitôt à la salle à manger, dont les neuf fenêtres s'ouvraient sur un beau jardin aux arbres déjà dorés par l'automne. Là, il prit place à la table habituelle où son couvert l'attendait. Son déjeuner se composait d'un hors-d'oeuvre, d'un poisson bouilli relevé d'une « reading sauce » de premier choix, d'un roastbeef écarlate agrémenté de condiments « mushroom », d'un gâteau farci de tiges de rhubarbe et de groseilles vertes, d'un morceau de chester, -- le tout arrosé de quelques tasses de cet excellent thé, spécialement recueilli pour l'office du Reform-Club.

A midi quarante-sept, ce gentleman se leva et se dirigea vers le grand salon, somptueuse pièce, ornée de peintures richement encadrées. Là, un domestique lui remit le Times non coupé, dont Phileas Fogg opéra le laborieux dépliage avec une sûreté de main qui dénotait une grande habitude de cette difficile opération. La lecture de ce journal occupa Phileas Fogg jusqu'à trois heures quarante-cinq, et celle du Standard -- qui lui succéda -- dura jusqu'au dîner. Ce repas s'accomplit dans les mêmes conditions que le déjeuner, avec adjonction de « royal british sauce ».

A six heures moins vingt, le gentleman reparut dans le grand salon et s'absorba dans la lecture du Morning Chronicle.

Une demi-heure plus tard, divers membres du Reform-Club faisaient leur entrée et s'approchaient de la cheminée, où brûlait un feu de houille. C'étaient les partenaires habituels de Mr. Phileas Fogg, comme lui enragés joueurs de whist : l'ingénieur Andrew Stuart, les banquiers John Sullivan et Samuel Fallentin, le brasseur Thomas Flanagan, Gauthier Ralph, un des administrateurs de la Banque d'Angleterre, -- personnages riches et considérés, même dans ce club qui compte parmi ses membres les sommités de l'industrie et de la finance.

« Eh bien, Ralph, demanda Thomas Flanagan, où en est cette affaire de vol ?

-- Eh bien, répondit Andrew Stuart, la Banque en sera pour son argent.

-- J'espère, au contraire, dit Gauthier Ralph, que nous mettrons la main sur l'auteur du vol. Des inspecteurs de police, gens fort habiles, ont été envoyés en Amérique et en Europe, dans tous les principaux ports d'embarquement et de débarquement, et il sera difficile à ce monsieur de leur échapper.

-- Mais on a donc le signalement du voleur ? demanda Andrew Stuart.

-- D'abord, ce n'est pas un voleur, répondit sérieusement Gauthier Ralph.

-- Comment, ce n'est pas un voleur, cet individu qui a soustrait cinquante-cinq mille livres en bank-notes (1 million 375 000 francs) ?

-- Non, répondit Gauthier Ralph.

-- C'est donc un industriel ? dit John Sullivan.

-- Le Morning Chronicle assure que c'est un gentleman. »

Celui qui fit cette réponse n'était autre que Phileas Fogg, dont la tête émergeait alors du flot de papier amassé autour de lui. En même temps, Phileas Fogg salua ses collègues, qui lui rendirent son salut.

Le fait dont il était question, que les divers journaux du Royaume-Uni discutaient avec ardeur, s'était accompli trois jours auparavant, le 29 septembre. Une liasse de bank-notes, formant l'énorme somme de cinquante-cinq mille livres, avait été prise sur la tablette du caissier principal de la Banque d'Angleterre.

A qui s'étonnait qu'un tel vol eût pu s'accomplir aussi facilement, le sous-gouverneur Gauthier Ralph se bornait à répondre qu'à ce moment même, le caissier s'occupait d'enregistrer une recette de trois shillings six pence, et qu'on ne saurait avoir l'oeil à tout.

Mais il convient de faire observer ici -- ce qui rend le fait plus explicable -- que cet admirable établissement de « Bank of England » paraît se soucier extrêmement de la dignité du public. Point de gardes, point d'invalides, point de grillages ! L'or, l'argent, les billets sont exposés librement et pour ainsi dire à la merci du premier venu. On ne saurait mettre en suspicion l'honorabilité d'un passant quelconque. Un des meilleurs observateurs des usages anglais raconte même ceci : Dans une des salles de la Banque où il se trouvait un jour, il eut la curiosité de voir de plus près un lingot d'or pesant sept à huit livres, qui se trouvait exposé sur la tablette du caissier ; il prit ce lingot, l'examina, le passa à son voisin, celui-ci à un autre, si bien que le lingot, de main en main, s'en alla jusqu'au fond d'un corridor obscur, et ne revint qu'une demi-heure après reprendre sa place, sans que le caissier eût seulement levé la tête.

Mais, le 29 septembre, les choses ne se passèrent pas tout à fait ainsi. La liasse de bank-notes ne revint pas, et quand la magnifique horloge, posée au-dessus du « drawing-office », sonna à cinq heures la fermeture des bureaux, la Banque d'Angleterre n'avait plus qu'à passer cinquante-cinq mille livres par le compte de profits et pertes.

Le vol bien et dûment reconnu, des agents, des « détectives », choisis parmi les plus habiles, furent envoyés dans les principaux ports, à Liverpool, à Glasgow, au Havre, à Suez, à Brindisi, à New York, etc., avec promesse, en cas de succès, d'une prime de deux mille livres (50 000 F) et cinq pour cent de la somme qui serait retrouvée. En attendant les renseignements que devait fournir l'enquête immédiatement commencée, ces inspecteurs avaient pour mission d'observer scrupuleusement tous les voyageurs en arrivée ou en partance.

Or, précisément, ainsi que le disait le Morning Chronicle, on avait lieu de supposer que l'auteur du vol ne faisait partie d'aucune des sociétés de voleurs d'Angleterre. Pendant cette journée du 29 septembre, un gentleman bien mis, de bonnes manières, l'air distingué, avait été remarqué, qui allait et venait dans la salle des paiements, théâtre du vol. L'enquête avait permis de refaire assez exactement le signalement de ce gentleman, signalement qui fut aussitôt adressé à tous les détectives du Royaume-Uni et du continent. quelques bons esprits -- et Gauthier Ralph était du nombre -- se croyaient donc fondés à espérer que le voleur n'échapperait pas.

Comme on le pense, ce fait était à l'ordre du jour à Londres et dans toute l'Angleterre. On discutait, on se passionnait pour ou contre les probabilités du succès de la police métropolitaine. On ne s'étonnera donc pas d'entendre les membres du Reform-Club traiter la même question, d'autant plus que l'un des sous-gouverneurs de la Banque se trouvait parmi eux.

L'honorable Gauthier Ralph ne voulait pas douter du résultat des recherches, estimant que la prime offerte devrait singulièrement aiguiser le zèle et l'intelligence des agents. Mais son collègue, Andrew Stuart, était loin de partager cette confiance. La discussion continua donc entre les gentlemen, qui s'étaient assis à une table de whist, Stuart devant Flanagan, Fallentin devant Phileas Fogg. Pendant le jeu, les joueurs ne parlaient pas, mais entre les robres, la conversation interrompue reprenait de plus belle.

« Je soutiens, dit Andrew Stuart, que les chances sont en faveur du voleur, qui ne peut manquer d'être un habile homme !

-- Allons donc ! répondit Ralph, il n'y a plus un seul pays dans lequel il puisse se réfugier.

-- Par exemple !

-- Où voulez-vous qu'il aille ?

-- Je n'en sais rien, répondit Andrew Stuart, mais, après tout, la terre est assez vaste.

-- Elle l'était autrefois... », dit à mi-voix Phileas Fogg. Puis : « A vous de couper, monsieur », ajouta-t-il en présentant les cartes à Thomas Flanagan.

La discussion fut suspendue pendant le robre. Mais bientôt Andrew Stuart la reprenait, disant :

« Comment, autrefois ! Est-ce que la terre a diminué, par hasard ?

-- Sans doute, répondit Gauthier Ralph. Je suis de l'avis de Mr. Fogg. La terre a diminué, puisqu'on la parcourt maintenant dix fois plus vite qu'il y a cent ans. Et c'est ce qui, dans le cas dont nous nous occupons, rendra les recherches plus rapides.

-- Et rendra plus facile aussi la fuite du voleur !

-- A vous de jouer, monsieur Stuart ! » dit Phileas Fogg.

Mais l'incrédule Stuart n'était pas convaincu, et, la partie achevée :

« Il faut avouer, monsieur Ralph, reprit-il, que vous avez trouvé là une manière plaisante de dire que la terre a diminué ! Ainsi parce qu'on en fait maintenant le tour en trois mois...

-- En quatre-vingts jours seulement, dit Phileas Fogg.

-- En effet, messieurs, ajouta John Sullivan, quatre-vingts jours, depuis que la section entre Rothal et Allahabad a été ouverte sur le « Great-Indian peninsular railway », et voici le calcul établi par le Morning Chronicle :

De Londres à Suez par le Mont-Cenis et

Brindisi, railways et paquebots...........   7 jours

De Suez à Bombay, paquebot.................  13 --

De Bombay à Calcutta, railway..............   3 --

De Calcutta à Hong-Kong (Chine), paquebot..  13 --

De Hong-Kong à Yokohama (Japon),

paquebot..................................   6 --

De Yokohama à San Francisco, paquebot......  22 --

De San Francisco New York, railroad........   7 --

De New York à Londres, paquebot et

railway...................................   9 --

Total......................................  80 jours

-- Oui, quatre-vingts jours ! s'écria, Andrew Stuart, qui par inattention, coupa une carte maîtresse, mais non compris le mauvais temps, les vents contraires, les naufrages, les déraillements, etc.

-- Tout compris, répondit Phileas Fogg en continuant de jouer, car, cette fois, la discussion ne respectait plus le whist.

-- Même si les Indous ou les Indiens enlèvent les rails ! s'écria Andrew Stuart, s'ils arrêtent les trains, pillent les fourgons, scalpent les voyageurs !

-- Tout compris », répondit Phileas Fogg, qui, abattant son jeu, ajouta : « Deux atouts maîtres. »

Andrew Stuart, à qui c'était le tour de « faire », ramassa les cartes en disant :

« Théoriquement, vous avez raison, monsieur Fogg, mais dans la pratique...

-- Dans la pratique aussi, monsieur Stuart.

-- Je voudrais bien vous y voir.

-- Il ne tient qu'à vous. Partons ensemble.

-- Le Ciel m'en préserve ! s'écria Stuart, mais je parierais bien quatre mille livres (100 000 F) qu'un tel voyage, fait dans ces conditions, est impossible.

-- Très possible, au contraire, répondit Mr. Fogg.

-- Eh bien, faites-le donc !

-- Le tour du monde en quatre-vingts jours ?

-- Oui.

-- Je le veux bien.

-- Quand ?

-- Tout de suite.

-- C'est de la folie ! s'écria Andrew Stuart, qui commençait à se vexer de l'insistance de son partenaire. Tenez ! jouons plutôt.

-- Refaites alors, répondit Phileas Fogg, car il y a maldonne. »

Andrew Stuart reprit les cartes d'une main fébrile ; puis, tout à coup, les posant sur la table :

« Eh bien, oui, monsieur Fogg, dit-il, oui, je parie quatre mille livres !...

-- Mon cher Stuart, dit Fallentin, calmez-vous. Ce n'est pas sérieux.

-- Quand je dis : je parie, répondit Andrew Stuart, c'est toujours sérieux.

-- Soit ! » dit Mr. Fogg. Puis, se tournant vers ses collègues :

« J'ai vingt mille livres (500 000 F) déposées chez Baring frères. Je les risquerai volontiers...

-- Vingt mille livres ! s'écria John Sullivan. Vingt mille livres qu'un retard imprévu peut vous faire perdre !

-- L'imprévu n'existe pas, répondit simplement Phileas Fogg.

-- Mais, monsieur Fogg, ce laps de quatre-vingts jours n'est calculé que comme un minimum de temps !

-- Un minimum bien employé suffit à tout.

-- Mais pour ne pas le dépasser, il faut sauter mathématiquement des railways dans les paquebots, et des paquebots dans les chemins de fer !

-- Je sauterai mathématiquement.

-- C'est une plaisanterie !

-- Un bon Anglais ne plaisante jamais, quand il s'agit d'une chose aussi sérieuse qu'un pari, répondit Phileas Fogg. Je parie vingt mille livres contre qui voudra que je ferai le tour de la terre en quatre-vingts jours ou moins, soit dix-neuf cent vingt heures ou cent quinze mille deux cents minutes. Acceptez-vous ?

-- Nous acceptons, répondirent MM. Stuart, Fallentin, Sullivan, Flanagan et Ralph, après s'être entendus.

-- Bien, dit Mr. Fogg. Le train de Douvres part à huit heures quarante-cinq. Je le prendrai.

-- Ce soir même ? demanda Stuart.

-- Ce soir même, répondit Phileas Fogg. Donc, ajouta-t-il en consultant un calendrier de poche, puisque c'est aujourd'hui mercredi 2 octobre, je devrai être de retour à Londres, dans ce salon même du Reform-Club, le samedi 21 décembre, à huit heures quarante-cinq du soir, faute de quoi les vingt mille livres déposées actuellement à mon crédit chez Baring frères vous appartiendront de fait et de droit, messieurs. -- Voici un chèque de pareille somme. »

Un procès-verbal du pari fut fait et signé sur-le-champ par les six co-intéressés. Phileas Fogg était demeuré froid. Il n'avait certainement pas parié pour gagner, et n'avait engagé ces vingt mille livres -- la moitié de sa fortune -- que parce qu'il prévoyait qu'il pourrait avoir à dépenser l'autre pour mener à bien ce difficile, pour ne pas dire inexécutable projet. Quant à ses adversaires, eux, ils paraissaient émus, non pas à cause de la valeur de l'enjeu, mais parce qu'ils se faisaient une sorte de scrupule de lutter dans ces conditions.

Sept heures sonnaient alors. On offrit à Mr. Fogg de suspendre le whist afin qu'il pût faire ses préparatifs de départ.

« Je suis toujours prêt ! » répondit cet impassible gentleman, et donnant les cartes :

« Je retourne carreau, dit-il. A vous de jouer, monsieur Stuart. »

 

Questions  /20
1- Résumez le schéma narratif dans l’ordre chronologique de cet extrait /6
2- Quel trait de personnalité de Phileas Fogg assurera sa victoire? /2
3- Ce texte est un classique de la littérature de science-fiction.  Qu’est-ce qui rend ce texte intéressant? (des exemples : les figures de style, les dialogues, les personnages, les rebondissements, les thèmes)  Expliquez en donnant deux raisons.  /6
4- Où sont les hommes durant cette conversation et que font-ils? /3
5- Définissez, selon Fogg, trois caractéristiques principales d’un bon Anglais. /3


Nous corrigerons en classe le 26 mars



[1] https://www.fourmilab.ch/etexts/www/tdm80j/